La première gorgée
de bière
de Philippe
Delerm
Trente nouvelles empreintes de volupté, trente petits
bijoux sensuels, trente instants de vie
J'ai ouvert ce livre au hasard, au supermarché, en flânant
dans les rayons..
Le dimanche soir, nouvelle numéro
19. Le dimanche soir ! On ne met pas la table, on ne fait pas
un vrai dîner[...]
Mais cela me rappelle quelque chose [...]Claire ouvre le frigo,
recense les reliefs de la semaine ; ufs , tomates bien
mûres indignes d'une salade grecque , comté, saucisson,
un peu de beurre
C'est suffisant pour une spéciale
dimanche soir ; une assiette spéciale télé.
Ma petite sur dort déjà, mon petit frère
aussi depuis une heure. Ma mère est parti sur le coup
de dix-neuf heures. Je suis devant mon bureau, cahier de texte
ouvert ; dimanche soir, l'heure des choix, maths ou physique,
anglais ou histoire
Prendre une décision, oui, je
me lèverai tôt demain matin pour l'anglais, pour
les maths je verrai après la cantine et pour la physique
je soupe et je révise
Pour l'instant, je rejoins Claire devant la télé,
mon assiette est prête , elle savait bien que je viendrai.
Fin des infos, début du film du dimanche soir. Nous nous
regardons ma sur et moi ; tchabadabada tchabadabada ; la
petite musique du dimanche soir s'invite. Nos livres de classe
remplacent les assiettes
tchabadabada tchabadabada, "
on m'appell' la télé, la montreuse électrique
etj'suis comm'une morphine "(Léo Ferré)
Dans le quartier les lumières se ferment et nous laissent
seuls avec Gérard Philippe ,ciné club du dimanche
soir
Claire s'est levé pour le café, le temps
vire au noir et blanc, nuit du dimanche , nuit grise de mélancolie
Voilà la magie de ce livre, chaque nouvelle vous plonge
dans vos propres souvenirs , vous donne envie d'écrire
et cette nouvelle 19 m'a ramené quelques années
en arrière avec ma sur Claire.
J'ai découvert les 29 autres nouvelles avec " cette
sensation trompeuse d'un plaisir qui s'ouvre à l'infini
" (la première gorgée de bière), trompeuse
car vous finirez vite ce livre !
Puis vous vous ressentirez un léger vague à l'âme,
vous aurez peut être envie de " prendre un porto ",vous
vous souviendrez de la mort de Brel, de Brassens ou de Ferré,
vous vous verrez sur la route des mûres
Maintenant je vais chercher d'autres livres de Philippe Delerm
pour le " lire sur la plage " .
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